Comment organiser l'entretien du linge ?

Comment organiser l'entretien du linge ?

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L’organisation de la gestion et de l’entretien du linge est une obligation dans de nombreux secteurs d’activités. Qu’il s’agisse des milieux hospitaliers comme des établissements médico-sociaux (avec les risques infectieux), les Cafés - Hôtels - Restaurants (CHR), les cantines inter-entreprises, le secteur agroalimentaire incluant les commerces de bouche… le linge est partout et impose une organisation rigoureuse pour une hygiène et propreté irréprochables.

 
Propreté et hygiène sont indissociables des lieux d’accueil et de résidence des personnes, aussi bien en milieu de santé (cliniques, centres hospitaliers, établissements médicosociaux – maison de retraite, de repos…) que dans le milieu touristique (Hôtels, restaurants..) et professionnels (secteurs agroalimentaire, commerces de bouche, services de cantines aux entreprises, vêtements professionnels – EPI -, etc.). En la matière, le process de gestion et d’entretien du linge a toute son importance qui s’insère dans un cadre réglementaire. Le but ? Offrir un service optimal aux usagers tout en évitant les risques liés à la contamination (risques infectieux).

 


Entretien du linge : aller au-delà de l’image de marque !
 
 
Si la propreté est une exigence des usagers, il reste impératif de comprendre que la propreté visible n’est pas l’hygiène. De nombreuses salissures "invisibles" à l’œil pouvant mettre à mal la qualité du service. On pense ici aux risques infectieux qui peuvent être véhiculés en milieu de santé… mais pas que ! Ainsi, qu’en serait-il si un établissement, comme un restaurant laissait des bactéries proliférés sur le linge de table ? D’autant que les risques sont présents à chaque étape du traitement du linge :
  • • Lors de la collecte des linges sales,
  • • Lors du transport vers la blanchisserie (internet ou externe à l’entreprise).
  • • En zone linge sale / linge propre en blanchisserie.
  • • Lors du transport du linge nettoyé vers ses zones d’usage.
  • • Lors de la distribution du linge propre.


Comment organiser la logistique du linge en milieu professionnel ?

 

Pour éviter une telle erreur, pouvant pénaliser grandement, la réputation et l’activité de l’entreprise, il convient de ne pas mélanger linges propres et sales… Ainsi, il est conseillé de ne pas mélanger les circuits afin que le linge  propre ne rencontre pas le sale. Cela s’effectue notamment via l’utilisation de chariots à linge dédiés (les uns pour le propre, les autres pour le sale). Cette préconisation est valable dans tous les univers professionnel, au même titre que la notion du tri visant à faciliter le travail en blanchisserie. On doit même, dans les milieux liés à la santé, éviter le contact entre le linge sale et les tenues de travail (tenues de travail spécifiques linges sales / linges propres) tout en manipulant les linges avec précautions afin d’éviter les disséminations, tout en proscrivant la mise au sol du linge sale (cf. Méthode RABC "Risk Analysis Biocontamination Control"). 

De façon générale, il convient de ne jamais traîner au sol les conditionnements (sacs à linge) permettant la collecte de linge sale, mais d’utiliser obligatoirement des chariots, qui doivent eux-mêmes être nettoyer / désinfecter après usage et afin de regagner leur place dans leur zone de stockage au niveau de la blanchisserie (que vous passiez par un prestataire de service ou que vous disposiez d’une blanchisserie en interne). De plus, il convient de s’assurer que les zones de stockage du linge sale est organisé afin d’en maîtriser le temps de stockage (pour éviter les proliférations bactériologiques).

Au sein de la blanchisserie, il convient aussi de confiner les espaces linges propres / linges sales. Cela implique d’avoir des personnels là encore équipés d’EPI dédiés, mais aussi d’assurer un entretien des locaux, de maîtriser les flux d’air entre les secteurs, comme d’organiser le nettoyage et la désinfection des machines de traitement du linge (lave-linge, sèche-linge, essoreuse, repasseuse, plieuse…). 

Le nettoyage du linge à proprement parler doit quant à lui prendre en compte 6 paramètres distincts :
  • • Le prélavage (dilution).
  • • L’action mécanique (brassage du linge).
  • • La montée en température (minimum 40°C, idéal entre 60 et 70°C).
  • • Le pH du bain de lavage (entre 10,5 et 11).
  • • L’adjonction de désinfectant si nécessaire (dérivé chloré ou peroxyde d’oxygène).
  • • Le séchage / repassage (160 à 180°C).

Avant d’être acheminé de nouveau dans les zones d’usage, les linges propres doivent être emballés et véhiculés via des équipements (types chariots à linge propre, armoires, rolls…) fermés ou houssés, puis stocker dans un local exclusivement dédié à cet usage. La distribution du linge se faisant via ces chariots sécurisés afin d’éviter les contaminations involontaires.

 
Protocole et traçabilité : les gages d’obtention d’une "prestation linge" de qualité !

 

En la matière et afin d’assurer une prestation de services optimales, vous pouvez mettre en place des protocoles destinés à l’ensemble du personnel ayant en charge le linge (démarche qualité). Au-delà des équipements d’usage (chariots à linge, armoires à linge…), ces éléments textuels  de références permettent d’unifier les pratiques tout en formalisant les savoir au sein de l’entreprise (ce qui facilite l’intégration de nouveaux employés par exemple). 

En renfort de ces éléments de bonnes pratiques, des documents dédiés (électroniques ou non) doivent également mis à disposition des personnels afin de pouvoir mettre en place un système de traçabilité fiable, à chaque étape du process de gestion du linge. 

 
 
 


Pour aller plus loin !
 

  • Instruction n°DGOS / PF2 / DGS / RI1  / DGCS / 2015 / 202 du 15 juin 2015 relative au programme national d’actions de prévention des infections associées aux soins (Propias) 2015 (Source Ingénieurs Hospitaliers de France).
  •  
  • Norme NF EN 14065 Mai 2003 - "Textiles – Textiles traités en blanchisserie – Système de maîtrise de la biocontamination" de l’Association Française de NORmalisation (AFNOR).
  •  
  • Norme BP G07-223 de Novembre 2004 - "Textiles – Textiles traités en blanchisserie – Référentiel de bonnes pratiques professionnelles" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-1 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 1 : prescriptions communes" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-2 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 2 : machines à laver et laveuses-essoreuses" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-3 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 3 : trains de lavage incluant les machines composantes" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-4 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 4 : séchoirs à air" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-5 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 5 : sécheuses – repasseuses, engageuses et plieuses" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF EN ISO 10472-6 de Février 2009 - "Exigences de sécurité pour les machines de blanchisserie industrielle – Partie 6 : presses à repasser et à thermocoller" de l’AFNOR.
  •  
  • Norme NF X50-058 – Février 2003 - "Établissements d’hébergement pour personnes âgées – Cadre éthique et engagements de services" de l’AFNOR.
  •  
  • Blanchisserie dans les établissements de santé (mai 2007) - Publication de l’AFNOR concernant le circuit des linges (propres / sales) afin d’éviter les risques de contamination.
  •  
  • Blanchisserie industrielle (août 2009) - Publication de l’AFNOR concernant une stratégie de politique qualité dans un souci de développement durable.
  •  
  • Méthode RABC "Risk Analysis Bicontamination Control" - Évaluation et qualité, méthode reposant sur 7 principes fondamentaux contenus dans la norme européenne NF EN 14065 de mai 2003.
  •  
  • Méthode HACCP "Hazard Analysis Critical Control Point" - HACCP Guide, méthode dont il est fait référence au sein de l’Arrêté du 29 septembre 1997 fixant les les conditions d’hygiène applicables dans les établissements de restauration collective à caractère social (Article 5 - "Pour établir la nature et la périodicité des autocontrôles, ils doivent identifier tout aspect de leurs activités qui est déterminant pour la salubrité des aliments, et veiller à ce que des procédures écrites de sécurité appropriées soient établies, mises en œuvre, respectées et mises à jour en se fondant sur les principes utilisés pour développer le système dit HACCP (analyses des risques, points critiques pour leur maîtrise)…".
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