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Vérification Générale Périodique (VGP) des tables élévatrices : guide pratique

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Qu’est-ce que la Vérification Générale Périodique (VGP) ?

La Vérification Générale Périodique (VGP) est un examen technique rigoureux de l'état de conservation et du bon fonctionnement des dispositifs de sécurité d'un appareil de levage.

Elle est une obligation légale régie par le Code du Travail (articles R. 4323-23 à R. 4323-27) et l'arrêté du 1er mars 2004.

Les objectifs de la VGP multiples :

  • prévenir les risques d'accidents du travail,
  • garantir la conformité réglementaire de l'entreprise,
  • assurer la continuité de l'exploitation en détectant les défaillances avant la rupture.


Pourquoi la VGP est-elle indispensable ?

L'utilisation quotidienne d'une table élévatrice soumet sa structure (ciseaux, axes) et son système hydraulique à des phénomènes de fatigue mécanique et d'usure invisible.

La VGP résout trois problématiques majeures :

  • La sécurité des opérateurs : Détection préventive de fissures de soudure, d'usure de flexibles ou de défaillance des clapets parachutes qui pourraient causer une chute de charge.
  • La protection juridique : En cas d'accident, l'absence de rapport de VGP à jour engage la responsabilité pénale du dirigeant et peut entraîner une exclusion des garanties d'assurance.
  • La performance opérationnelle : Un contrôle périodique limite les arrêts de production imprévus en identifiant les besoins de maintenance corrective avant la panne totale.


Statistiques et réalité des risques

Les données de l'Assurance Maladie et de l'INRS soulignent en effet l'importance cruciale de ces contrôles préventifs :

  • Fréquence des accidents : Les accidents liés aux machines représentent environ 10 % des accidents du travail en France, soit plus de 55 044 sinistres reconnus par an.
  • Gravité des défaillances : Le groupe "manutention-levage" est responsable de 10 % des accidents graves liés aux machines. Les défaillances mécaniques et techniques figurent parmi les six causes majeures d'incidents mortels.

Exemples concrets :

Des accidents mortels par écrasement sous une table élévatrice sont régulièrement recensés, souvent provoqués par la rupture d'un composant hydraulique sous pression (comme un raccord en T) lors d'une phase de travail ou de maintenance effectuée sans béquilles de sécurité.


Impact économique pour l'entreprise

Les accidents du travail engendrent des répercussions financières qui s'étendent bien au-delà de la prise en charge médicale immédiate :

  • Coût direct moyen : Évalué à environ 4 800 € par l'Assurance Maladie pour un accident du travail standard.
  • Coût réel (caché) : En intégrant la perte de productivité, le remplacement du personnel, les réparations matérielles et l'impact sur l'image de marque, le coût réel pour l'entreprise est estimé entre 3 et 5 fois le coût direct, soit entre 15 000 € et 24 000 € par sinistre.


Quel est le cadre réglementaire des VGP pour les tables élévatrices ?

La législation française impose à l'employeur une surveillance constante de la conformité de ses équipements de travail.

Ce cadre normatif est une obligation stricte régie par:

Cet arrêté définit précisément la nature des examens à conduire sur la table élévatrice et leur fréquence.

La périodicité de contrôle des tables élévatrices dépend de leur motorisation de l'appareil et la nature de leur mission (charge seule ou poste de travail).

 

Type de table élévatrice Périodicité de la VGP Base légale
Table de charge standard (fixe ou mobile) 12 mois Arrêté 01/03/04 Art. 23
Table motorisée élevant du personnel ou un poste de travail 6 mois Arrêté 01/03/04 Art. 23
Table manuelle (force humaine) élevant un poste de travail 3 mois Arrêté 01/03/04 Art. 23

 

La vérification est impérative dans les cas suivants:

  • lors de la mise en service initiale (neuf ou occasion),
  • après tout changement de site d'utilisation,
  • ou suite à une réparation majeure modifiant les caractéristiques de l'appareil.


Quelles sont les étapes d’une VGP ?

La VGP suit une méthodologie standardisée. Il s'agit d'un audit de sécurité "à un instant T", réalisé par une personne compétente capable d'identifier les dérives par rapport aux spécifications du constructeur.

Le processus s'articule autour de quatre phases critiques qui valident la capacité de la machine à opérer sans danger pour l'opérateur et son environnement.

  • L'examen d'adéquation
  • L'examen de l'état de conservation
  • Les essais de fonctionnement
  • Les épreuves statiques et dynamiques


Étape 1 : L'examen d'adéquation

Le vérificateur s’assure que la table élévatrice est correctement configurée pour les travaux réellement effectués.

Il contrôle que la Charge Maximale d'Utilisation (CMU) n'est pas structurellement dépassée lors de son utilisation.

Enfin, il vérifie que l'environnement d'installation (ex: sol stable, dégagement suffisant) permet une exploitation sûre.


Étape 2 : L'examen de l'état de conservation

Cette phase d'inspection visuelle et tactile vise à déceler toute détérioration avant qu'elle ne devienne critique.

Le vérificateur procède aux contrôles suivants :

  • Structure et mécanique : Recherche de fissures sur les soudures des ciseaux, contrôle de l'usure des bagues et des axes (jeu excessif souvent limité à 0,4 mm) et état des galets de roulement.
  • Système hydraulique : Vérification de l'étanchéité des vérins, contrôle de l'état des flexibles (absence de craquelures, hernies ou suintements) et serrage des raccords.
  • Électrique : Intégrité des câbles d'alimentation, serrage des borniers et bon fonctionnement des capteurs de fin de course.


Étape 3 : Les essais de fonctionnement

Chaque dispositif de sécurité est testé en condition réelle pour garantir son déclenchement immédiat :

  • Cadre de sécurité : La descente doit s'interrompre instantanément dès que le cadre périmétrique rencontre un obstacle.
  • Bouton d'arrêt d'urgence : Validation de la coupure totale d'énergie et de la mise à l'arrêt sans dérive.
  • Limiteur de vitesse : Vérification que la vitesse de descente reste constante, évitant ainsi toute chute brutale de la plateforme.


Étape 4 : Les épreuves statiques et dynamiques

Ces tests de charge valident la résistance mécanique et l'étanchéité interne du circuit :

  • Épreuve dynamique (1,1 x CMU) : Déplacement de la charge sur toute la course verticale pour vérifier l'absence de bruits anormaux (cavitation) ou de points durs.
  • Épreuve statique (1,25 x CMU pour les machines) : Maintien de la surcharge en position haute pour s'assurer qu'aucune déformation permanente ou fuite interne n'apparaît après le test.


Tableau récapitulatif de la procédure VGP

Ce tableau synthétise les points d'ancrage essentiels pour une conformité totale lors de l'audit VGP.

Étape de la VGP Objectif principal Points de contrôle clés
Examen d'adéquation Vérifier l'aptitude au poste Conformité CMU / Risques environnementaux / Sol.
État de conservation Déceler les dégradations Soudures, axes (jeu < 0,4 mm), fuites hydrauliques.
Essais de fonctionnement Valider les sécurités actives Cadre anti-écrasement, arrêt d'urgence, clapets.
Épreuve dynamique (1,1 ×) Vérifier le comportement en charge Mouvements fluides, absence de bruits de pompe.
Épreuve statique (1,25 ×) Valider la résistance structurelle Absence de déformation et de dérive sous surcharge.
Rapport & Archivage Assurer la traçabilité Conclusion datée et signée dans le registre de sécurité.


Qui peut réaliser la VGP d'une table élévatrice ?

La réglementation n'impose pas systématiquement le recours à un prestataire extérieur, mais elle fixe des exigences de compétences très strictes.

Le choix du vérificateur est un acte de gestion des risques pour l'employeur, qui reste juridiquement responsable de la qualité du contrôle effectué.


La notion de "personne compétente"

Selon l'article R. 4323-24 du Code du travail, les vérifications doivent être réalisées par des personnes qualifiées, appartenant ou non à l'établissement.

  • Le vérificateur interne : Un salarié de l'entreprise peut effectuer la VGP s'il possède les connaissances techniques et réglementaires nécessaires. L'employeur doit pouvoir justifier de sa compétence (formation spécifique, expérience pratique) devant l'inspection du travail.
  • Le prestataire externe : Il peut s'agir d'un organisme d'inspection (Bureau Veritas, Dekra, Apave, etc.) ou d'un technicien spécialisé indépendant. Cette option est souvent privilégiée pour garantir l'impartialité du diagnostic.


Certifications et accréditations des vérificateurs VGP

  • Pas de certification individuelle obligatoire : La loi ne définit pas de diplôme d'État spécifique pour devenir vérificateur VGP. Cependant, le vérificateur doit avoir suivi une formation qualifiante (généralement de 2 à 15 jours) couvrant la réglementation et les techniques d'essai.
  • Accréditation COFRAC : Pour les organismes d'inspection tiers, l'accréditation par le COFRAC (Comité français d'accréditation) est un gage de qualité et de reconnaissance officielle, bien qu'elle ne soit pas obligatoire pour les VGP standard de levage.
  • Autorisation de conduite : Si le vérificateur doit manœuvrer lui-même la table élévatrice lors des tests, il doit être titulaire d'une autorisation de conduite délivrée par son employeur.


Quelles sont les sanctions en cas de non-respect des VGP ?

Le défaut de vérification transforme une défaillance technique en une faute inexcusable de l'employeur.

Le défaut de conformité expose à :

  • Une amende administrative : Jusqu'à 3 750 € par salarié concerné par l'équipement non vérifié (portée à 7 500 € en cas de récidive).
  • Une responsabilité pénale : En cas d'accident grave (homicide ou blessures involontaires), risque de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour mise en danger de la vie d'autrui.
  • Une déchéance d'assurance : L'assureur RC Professionnelle peut légitimement refuser l'indemnisation des dommages si l'équipement n'était pas à jour de ses contrôles réglementaires.


Questions fréquemment posées sur la VGP

Quelle est la différence entre une maintenance préventive et une VGP ?

La maintenance préventive est une action technique visant à éviter la panne (graissage, vidange, réglages), souvent réalisée par un technicien de maintenance. La VGP est un examen de conformité et de sécurité imposé par la loi, réalisé par un vérificateur qualifié. La VGP ne remplace pas l'entretien, et l'entretien ne dispense pas de la VGP.


Comment préparer sa table élévatrice avant le passage du vérificateur ?

Pour optimiser le temps d'intervention et garantir la sécurité, l'entreprise doit :

  • Mettre à disposition le registre de sécurité et les rapports précédents.
  • Dégager l'accès à la machine.
  • Fournir les charges nominales nécessaires pour les essais de fonctionnement (essais en charge).
  • S'assurer que la notice d'instructions est accessible.


Quel est le prix moyen d'une VGP pour une table élévatrice ?

Le coût d'une VGP varie généralement entre 150 € et 350 € HT par machine. Ce tarif dépend du nombre d'équipements à contrôler sur un même site (dégressivité), de la complexité de l'installation (table intégrée à une ligne de production) et des frais de déplacement de l'organisme de contrôle.


Une table élévatrice neuve doit-elle subir une VGP avant sa mise en service ?

Oui, on parle alors de Vérification de Mise en Service (VMS). Même si le matériel est neuf et certifié CE, l'employeur doit s'assurer qu'il a été installé conformément aux règles de l'art et qu'il est sûr dans son environnement de travail spécifique avant la première utilisation par les salariés.


Que faire si le rapport de VGP mentionne des anomalies majeures ?

Si le vérificateur note des non-conformités présentant un danger immédiat, la table élévatrice doit être mise à l'arrêt (consignation). L'employeur a l'obligation de faire réaliser les réparations nécessaires par un technicien compétent. Une contre-visite n'est pas toujours obligatoire légalement, mais la preuve de la levée des réserves doit être consignée dans le registre de sécurité.


Le carnet de maintenance est-il obligatoire pour valider une VGP ?

Absolument. Le vérificateur doit pouvoir consulter l'historique des interventions de maintenance. L'absence de carnet de maintenance ou son manque de mise à jour peut être noté comme une observation dans le rapport de VGP, car cela empêche de juger de l'état de fatigue ou d'entretien réel des organes de sécurité (vérins, clapets anti-chute, etc.).


Qui est responsable en cas d'accident si la VGP était à jour ?

La VGP à jour ne dédouane pas l'employeur de sa responsabilité. La VGP est un "instantané" de la sécurité à un instant T. Si l'accident est dû à un défaut d'entretien entre deux contrôles ou à une mauvaise utilisation (surcharge, usage détourné), la responsabilité civile et pénale de l'employeur reste engagée.


Quelles sont les obligations spécifiques VGP pour les tables élévatrices d'occasion ?

Lors de l'achat ou du transfert d'une table d'occasion, une Vérification de Remise en Service (VRS) est obligatoire. Elle permet de s'assurer que l'équipement n'a pas subi de dommages durant le transport ou le démontage et qu'il est adapté à son nouvel emplacement de travail.


Peut-on réaliser les VGP en interne avec son propre personnel ?

Oui, à condition que le salarié désigné soit compétent en matière de prévention des risques et maîtrise parfaitement le fonctionnement technique des tables élévatrices. Cependant, la majorité des entreprises préfèrent faire appel à des organismes tiers accrédités pour garantir l'impartialité

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